
Synopsis
Ubuntu explore la philosophie africaine du même nom, fondée sur l'idée d'une humanité interconnectée, où chaque individu existe pleinement grâce aux autres. À travers des réflexions personnelles et des anecdotes captivantes, l'auteur illustre comment l'esprit d'Ubuntu peut transformer notre approche du vivre-ensemble en favorisant la solidarité, l'empathie et le respect mutuel.
Ubuntu nous enseigne que nous devons ce que nous sommes aux autres, à celles et ceux qui sont en lien avec nous maintenant, à celles et ceux du passé qui, vie après vie, construisent l’humanité d’aujourd’hui, et à celles et ceux du futur dont nous portons une part de responsabilité universelle.
Dès lors, qui suis-je ? Si ce n’est chaque maillon de cette longue chaîne humaine ?
Qui suis-je ? Si ce n’est chacun des êtres qui m’ont précédé sur la grande trame du temps ? Tous ces ancêtres qui m’ont transmis leur humanité ? Celles et ceux qui me succéderont demain ?
Ce que je suis, je le dois à mes aïeux, à mes enfants et à toute leur suite. A Graak, à Rigo, à Saül et aux autres... mais aussi à Angèle, Félix, Elon et René.
"Je suis tous ces gens, car tous ces gens m’ont fait. Je porte en moi une part de chacun d’eux. S’ils avaient été différents, sans doute ne serais-je pas le même aujourd’hui. Peut-être même n’existerais-je pas ?"
Ubuntu
"Ce sont les racines du Tout-monde, celles démultipliées du rhizome qui prolonge nos personnalités dans le champ fécond des relations. Celles qui nous constituent par leur diversité, à l’heure ou d’autres voudraient s’en amputer."
Ubuntu
"Quand on affuble un groupe d’individus d’un substantif précédé de l’article défini pluriel « les », on glisse vers la caricature. Cet article est dangereux, car il nie la réalité complexe des personnes. Il est l’antichambre de la haine."
Ubuntu
Aurore Holmes a lu Ubuntu
Je réalise soudain évoluer à contre-courant, tel un chercheur de minerais s’efforçant de découvrir la source, celle d’où s’est déclenchée cette rivière, puis ce fleuve dans lequel on se plonge avec ravissement. Oui, il s’agit bien d’un fleuve, au cours tantôt tumultueux et tantôt apaisé, celui des mots, du phrasé rythmé des romans d’Emmanuel de Reynal.
La source est là, surpassant l’imagination, révélant par touches successives ses joyaux, jusque-là enfouis, cachés aux yeux du profane.
Le livre Ubuntu est la source et celui qui l’a écrit s’est depuis enrichi de nouvelles aventures littéraires, mais aussi d’expériences plus réelles, plus abruptes, lui permettant, sans doute, une évaluation de son parcours, une confrontation des idéaux et des possibles.
Ubuntu est la source, celle qui a permis l’écriture du Dialogue improbable, celle qui a ouvert le chemin d’amertume d’une Chronique d’un dialogue impossible, sans être le chemin de la résignation, mais celui de la résilience et de la foi inébranlable en cette mission, en cette conviction chevillée au cœur et au corps de l’écrivain, de la convergence des forces du peuple antillais.
Ubuntu est le leitmotiv qui semble hanter l’écrivain Emmanuel de Reynal, le leitmotiv des ombres de ceux qui nous ont précédés et nous transforment en passeur de rimes des temps à venir. Ce sont les ombres des hommes et des femmes qui ont trimé, ont cotoyé la peur et la mort, ont haï, ont fui, ont vaincu ou ont été vaincus, ont soigné leur prochain, ont aimé. Ce sont les ombres qui murmurent à l’oreille d’Emmanuel de Reynal, mais ce sont aussi nos ombres.
Les personnages de ce livre dont le genre se situe entre l’essai philosophique et le roman, surgissent du fond des temps, apparaissant sous l’écriture d’un écrivain qui cisaille des caractères à la fois si différents par leurs bassesses, leur dignité, leur lâcheté, leur courage, leurs malheurs, leurs espoirs, leurs révoltes, leurs valeurs, mais nous ressemblent par leur condition humaine. Leurs modes de vie portant les stigmates et les exigences de leur époque se succèdent au fil des générations avec en toile de fond une ancestralité commune à tous les êtres humains.
J’ai évolué dans un parcours à contre-courant ayant lu Une Minute, Ti-Prince et le Passeur de rimes avant Ubuntu. Un voyage de l’esprit à travers les écrits d’Emmanuel de Reynal me faisant découvrir que son style s’est affirmé, densifié autant que ses personnages. Les scénaris se sont dévoilés dans une épaisseur et une ampleur leur donnant une réalité impressionnante, sans pour autant dévier d’une ligne conductrice persistante : l’humanisme qui nous transcende que nous soyons un pauvre hère ivrogne, un aventurier sanguinaire ou un missionnaire sauveur des âmes.
Aurore Holmes
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